Elle était décidée à défendre chèrement sa vie, mais à peine l'arme fut elle dans ses mains qu'elle se ravisa. 

Un homme passa la porte, tenant une épée rouge de sang, un sang qu'elle reconnut comme elle reconnut celui qui tenait l'épée.. 

Aussitôt, elle entrevit un moyen de se défendre. 

"Arrête mon fils" 
dit elle,

"Vois ce sein. Ta tête s'y est posé et tu as dormi contre lui tant et tant de fois.
Ta bouche d'enfant , qui n'eut jamais de dents, en a sucé le lait,
et c'est ainsi que tu grandis."

Oreste cria :
"O Pylade, elle est ma mère ! Ne puis-je l'épargner" ?
 

Solennel, son ami répondit :

"Non. Apollon a commandé. Les Dieux doivent être obéis.... Toi suis moi",
rajouta t'il, en s'adressant à Clytemnestre.

"J'obéirais donc"
répondit Oreste, si telle est la volonté


 
 

Clytemnestre comprit qu'elle avait perdu, et dit avec calme :
 

"Il semble, mon fils, que tu aies décidé d'égorger ta mère."


 
 

Il lui fit signe alors d'entrer dans la maison. Elle y pénétra et il la suivit.

Quand il revint, ceux qui attendaient dans la cour du palais n'eurent besoin d'aucune explication. Sans poser de questions, ils observaient avec compassion celui qui était maintenant leur maître. il semblait ne pas les voir. 

Au delà d'eux tous, ses yeux se fixaient sur une vision horrible. Il bégayait :
 

"L'homme est mort. Là, je ne suis pas coupable. 
Un adultère : il devait mourir. 

Mais elle, l'a- t -elle fait, ou ne l'a t- elle point fait ?

 

Page précédente
Retour